«Les banques sont en train de détruire le capitalisme»
Alexandra Combe - Marianne | Vendredi 07 Août 2009 à 18:01 | Marianne2
Les bonus de la BNP polarisent l'attention. Et les réactions fusent. Alexandra Combe en a cueilli quelques unes au passage. Et d'abord, celle de Didier Cornardeau, président de l'Association des petits porteurs actifs (APPAC). Pour lui, il faut néanmoins ne pas oublier de remettre ce scandale en perspective: ce milliard de bonus, c'est l'arbre qui cache la forêt.
Quelles sont vos réactions à propos de la décision de BNP Paribas de prévoir environ un milliard d’euros pour les bonus de ses équipes ?
Didier Cornardeau : Ma réaction, celle de l’APPAC, est celle de tous les Français : c’est scandaleux ! L’Etat confirme le diction « on ne prête qu’aux riches ». On aurait préféré que ces résultats très positifs dégagés par les banques soient donnés ou prêtés à des secteurs économiques en difficulté et plus spécialement au secteur agricole. L’activité est dense car les taux d’intérêt sont faibles. Ainsi le chiffre d’affaires est en hausse et on rémunère les traders avec des bonus alors que des plans de licenciements sont en cours. On favorise les gens qui n’ont rien apporté aux banques. On ferait bien mieux de financer le personnel des banques par exemple étant donné les plaintes des clients qui se multiplient et l’image des banques en France qui est très mauvaise.
Etes-vous de l’avis de l’association SOS Petits Porteurs selon laquelle il s’agit du « milliard des traders » et que l’argent doit être remboursé à l’Etat ?
Le scandale c’est qu’on donne des bonus aux traders pour récompenser leur travail alors que beaucoup de banques sont en voie de disparition. Il faut savoir que BNP Paribas aujourd’hui est presque sans concurrence. Les Français ont fait des efforts en subventionnant les banques et il n’y a aucune contrepartie. On verra bien ce que recevront les actionnaires en décembre 2009. Ce serait encore plus scandaleux s’ils recevaient des dividendes inférieurs à ces provisions. On remet en cause l’intérêt social de la BNP en favorisant une politique en défaveur des salariés, des actionnaires et des clients de la BNP et au profit de l’intérêt personnel des dirigeants.
L’Etat reçoit déjà 8% ce qui est un taux plutôt favorable. L’argent doit être remboursé à l’Etat si ce dernier doit aider d’autres secteurs en difficulté je pense notamment au secteur industriel. Le rôle de l’Etat n’est pas d’être un banquier mais d’aider les secteurs en difficulté et de sauver l’emploi.
Faut-il une intervention du gouvernement pour mettre fin à ce genre de pratiques de la part des banques ?
Oui, il faut une intervention du gouvernement. Le Medef n’agit pas alors que chaque mois il y a un nouveau scandale. Il faut arrêter ces rémunérations scandaleuses au profit de personnes qui ne les méritent pas. A côté de cela, il y a les salariés et les Français qui souffrent. Les banques sont en train de détruire le capitalisme et le libéralisme. Il faut légiférer pour endiguer ce phénomène. Pour éviter une crise sociale, le gouvernement devra agir fermement à la rentrée sociale car c’est ce qu’attendent tous les Français.
La demande de Christine Lagarde de saisir le gouverneur de la Banque de France pour s’assurer du respect des règles de la finance vous paraît-elle suffisante ?
C’est à Christine Lagarde de prendre ses responsabilités et de proposer des règles. L’efficacité passe par une loi votée au parlement et non pas par des recommandations qui n’aboutissent à aucune sanction. Il faut un vrai encadrement et des exigences strictes.
Etes-vous d’accord avec la proposition de Jean-Marc Ayrault de faire intervenir le parlement pour légiférer ?
Le pouvoir politique n’est pas maître à bord. Les banquiers ont plus de pouvoir que les politiques. Il faut rétablir la balance en aidant l’industrie afin de gérer les problèmes liés à l’emploi. L’intervention législative traduit un échec. S’il faut recourir à la loi, c’est que l’autorégulation ne fonctionne plus. Si les patrons du secteur bancaire étaient plus consciencieux et plus respectueux, ils n’agiraient pas comme ça. Ils gèrent leur patrimoine au détriment des épargnants.
La crise n’a pas servi de leçon, ils continuent à se goinfrer alors que les industries souffrent.
Didier Cornardeau : Ma réaction, celle de l’APPAC, est celle de tous les Français : c’est scandaleux ! L’Etat confirme le diction « on ne prête qu’aux riches ». On aurait préféré que ces résultats très positifs dégagés par les banques soient donnés ou prêtés à des secteurs économiques en difficulté et plus spécialement au secteur agricole. L’activité est dense car les taux d’intérêt sont faibles. Ainsi le chiffre d’affaires est en hausse et on rémunère les traders avec des bonus alors que des plans de licenciements sont en cours. On favorise les gens qui n’ont rien apporté aux banques. On ferait bien mieux de financer le personnel des banques par exemple étant donné les plaintes des clients qui se multiplient et l’image des banques en France qui est très mauvaise.
Etes-vous de l’avis de l’association SOS Petits Porteurs selon laquelle il s’agit du « milliard des traders » et que l’argent doit être remboursé à l’Etat ?
Le scandale c’est qu’on donne des bonus aux traders pour récompenser leur travail alors que beaucoup de banques sont en voie de disparition. Il faut savoir que BNP Paribas aujourd’hui est presque sans concurrence. Les Français ont fait des efforts en subventionnant les banques et il n’y a aucune contrepartie. On verra bien ce que recevront les actionnaires en décembre 2009. Ce serait encore plus scandaleux s’ils recevaient des dividendes inférieurs à ces provisions. On remet en cause l’intérêt social de la BNP en favorisant une politique en défaveur des salariés, des actionnaires et des clients de la BNP et au profit de l’intérêt personnel des dirigeants.
L’Etat reçoit déjà 8% ce qui est un taux plutôt favorable. L’argent doit être remboursé à l’Etat si ce dernier doit aider d’autres secteurs en difficulté je pense notamment au secteur industriel. Le rôle de l’Etat n’est pas d’être un banquier mais d’aider les secteurs en difficulté et de sauver l’emploi.
Faut-il une intervention du gouvernement pour mettre fin à ce genre de pratiques de la part des banques ?
Oui, il faut une intervention du gouvernement. Le Medef n’agit pas alors que chaque mois il y a un nouveau scandale. Il faut arrêter ces rémunérations scandaleuses au profit de personnes qui ne les méritent pas. A côté de cela, il y a les salariés et les Français qui souffrent. Les banques sont en train de détruire le capitalisme et le libéralisme. Il faut légiférer pour endiguer ce phénomène. Pour éviter une crise sociale, le gouvernement devra agir fermement à la rentrée sociale car c’est ce qu’attendent tous les Français.
La demande de Christine Lagarde de saisir le gouverneur de la Banque de France pour s’assurer du respect des règles de la finance vous paraît-elle suffisante ?
C’est à Christine Lagarde de prendre ses responsabilités et de proposer des règles. L’efficacité passe par une loi votée au parlement et non pas par des recommandations qui n’aboutissent à aucune sanction. Il faut un vrai encadrement et des exigences strictes.
Etes-vous d’accord avec la proposition de Jean-Marc Ayrault de faire intervenir le parlement pour légiférer ?
Le pouvoir politique n’est pas maître à bord. Les banquiers ont plus de pouvoir que les politiques. Il faut rétablir la balance en aidant l’industrie afin de gérer les problèmes liés à l’emploi. L’intervention législative traduit un échec. S’il faut recourir à la loi, c’est que l’autorégulation ne fonctionne plus. Si les patrons du secteur bancaire étaient plus consciencieux et plus respectueux, ils n’agiraient pas comme ça. Ils gèrent leur patrimoine au détriment des épargnants.
La crise n’a pas servi de leçon, ils continuent à se goinfrer alors que les industries souffrent.
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