mercredi 9 septembre 2009

Les méthodes mafieuses de l'UBS

Les banquiers suisses aiment par dessus tout frauder le fisc américain

fraudes fiscales / mardi 8 septembre 2009 par Amédée Sonpipet
Bakchich.info

Les 3000 évades fiscaux français chassés par Bercy ne sont que pécadille pour les banquiers suisses. En Helvétie, la spécialité, c’était la fraude au fisc américain. Notamment du côté de l’UBS.

La Suisse, reine du chocolat, a longtemps su remplir ses coffres-fort. Et dénicher les talents qui l’y aideront.

Bradley Birkenfeld, financier américain, est recruté en 2001 par l’UBS, la principale banque suisse. Il emmène dans ses bagages Igor Olenicoff, un milliardaire américain, jusqu’alors client de la Barclays. Le magnat de l’immobilier planque 200 millions de dollars derrière un réseau sophistiqué de sociétés offshore. En fait, il s’agit de faire carrément « disparaître » l’argent.

Un exemple dénoncé par le fisc américain : les fonds partent aux îles Caïmans. Ils atterrissent ensuite en Suisse. Et là, les millions de dollars changent de mains. Ils deviennent propriétés de fondations liechtensteinoises, placées elles-mêmes sous le contrôle de sociétés domiciliées au Panama et à HongKong. Un petit tour du monde qui sème les agents des impôts de tous les pays.

Les avantages d’une fondation caritative

En interne, l’UBS ne dissimule alors même pas le but de l’opération. Et explique doctement qu’il convient de « mettre en place une structure entre la banque et la fondation ou le trust qui servira d’intermédiaire non transparent en tant que bénéficiaire ». Mais Bradley Birkenfeld, et sa vingtaine de clients millionnaires (ou milliardaires), est loin d’être un franc tireur. L’établissement suisse a lancé, à partir de 2001, un véritable commando d’une soixantaine de banquiers à l’assaut des grandes fortunes américaines.

Eric Woerth chasse les évadés fiscaux en Suisse - JPG - 52.8 ko
Eric Woerth chasse les évadés fiscaux en Suisse
© Khalid

Ces mercenaires hantent les raouts culturels et sportifs, tous les lieux fréquentés par les très hauts revenus. Ils leur expliquent que tous les coups sont permis pour échapper au fisc, surtout depuis la création par l’UBS d’une fondation caritative, baptisée Optimus. De bonnes oeuvres qui servent moins à des projets philanthropiques que de réceptacle à l’évasion fiscale.

Quand un milliardaire balance

L’exemple de l’organisation de la foire Art Basel à Miami est un autre cas d’école de fraude fiscale. Où de riches collectionneurs ont acheté des œuvres d’art à un prix gonflé artificiellement, et récupéré ensuite le surcoût sur un compte UBS dans les Caraïbes ou à Singapour. Sept ans durant, tout le monde s’est gavé au détriment de l’International Revenue Service (IRS), dépendant du Trésor américain et chargé de la collecte des impôts. Seulement voilà, celui-ci a fini par pincer Igor Olenicoff.

Gaulé, le milliardaire accepte de payer 52 millions de dollars d’arriérés d’impôts et passe aux aveux pour éviter la prison. Il dénonce son « conseiller » Bradley Birkenfeld, qui lui-même crache dans la soupe, et révèle les méthodes mafieuses de l’UBS. La banque aurait aidé à soustraire 20 milliards de dollars au fisc américain.

Après les Etats-Unis, la France ?

Bradley Birkenfeld s’est mis à table en 2008 dans l’espoir d’obtenir à son tour la clémence de la justice américaine. Il évoque des méthodes dignes de James Bond : e-mails codés, devises étrangères désignées par une couleur, et les montants par un symbole. Une noix pour 250 000 dollars, un cygne pour un million. Il raconte même avoir ramené pour un client américain des diamants dissimulés dans un tube de dentifrice…

Les juges se sont montrés guère indulgents, puisque Bradley Birkenfeld a écopé de 40 mois de prison aux Etats-Unis. En revanche, tous ses supérieurs à l’UBS, à commencer par Peter Kurer, l’ancien président du conseil d’administration, et Martin Lechti, ancien patron de la gestion de fortune pour la zone « Amériques », sont Suisses, et n’ont pas été jugés.

« Croyez-vous qu’il n’y a que l’UBS qui usait de telles pratiques ? Et que le seul terrain de chasse était les Etats-Unis ? », sourit un ancien banquier genevois, dont l’essentiel de sa clientèle était composée de riches ressortissants francophones. Sans doute !

jeudi 3 septembre 2009

Encore de l'espoir pour les Paradis fiscaux

Découvrez les paradis cachés où frauder en toute tranquillité

Slovar - Blogueur associé | Mercredi 02 Septembre 2009 à 07:01 | Lu 4783 fois

Avis à tous ceux qui se planquent dans les paradis fiscaux! : Eric Woerth va bientôt sévir... Mais pas de panique. Comme le souligne Slovar, il reste pas mal d'endroits respectables, non fichés sur les listes de l'OCDE, et qui offrent autant d'avantages fiscaux que les paradis interdits...




Si la Suisse a toujours eu des habitudes déplorables en termes de protection de capitaux à origine douteuse, elle a bon dos en ce moment et la focalisation dont elle fait l’objet fait oublier un peu vite que le monde est truffé de paradis fiscaux qui vont prendre ou on déjà pris le relais de la confédération helvétique.

Nous évoquions hier, dans Slovar, les rodomontades de notre ministre du Budget qui brandissait le chiffre de 3000 exilés fiscaux français en Suisse, le tout, de façon anonyme et donc invérifiable. Eric Woerth s’est fait menaçant en donnant jusqu’à la fin de l’année à ces récalcitrants pour avoir rapatrié leurs fonds et payé leur dû. Nouveau miracle de la dialectique sarkozienne : on va régler le problème en parlant vite et fort, moraliser et refonder le capitalisme tout seul !

Or, une très intéressante interview parue dans le journal Swiss Info nous explique le marché de dupes qui est en train de se mettre en place sous les yeux impuissants (ou complices) de certains chefs d’Etat ou de gouvernements du G20 et des populations à qui on a promis de réguler la finance internationale. Swiss info est allé interviewer Thierry Afschrift (grand spécialiste du droit fiscal européen), avocat inscrit aux barreaux de Bruxelles, Luxembourg, Madrid et Genève et professeur à l’université libre de Bruxelles.

Extraits :
« [...] Swissinfo : Le secret bancaire est de nouveau la cible de toutes les attaques – elles proviennent non seulement des Etats-Unis, mais également du G7, du G20, de l’UE, de l’OCDE. Qu’en pensez-vous?
T.A.: Tout dépend de ce qui se passera au niveau mondial. Les seules attaques à redouter, ce sont celles qui pourraient venir de l’OCDE et du G7, 8 ou 20. Dans ce contexte, c’est paradoxalement un Etat communiste, la Chine, qui détient la clé du secret bancaire. C’est en effet à Hong Kong qu’il est le mieux protégé – Pékin en a besoin. Aussi longtemps que Hong Kong tiendra bon, le secret bancaire survivra partout sous une forme ou sous une autre. Or, Hong Kong est jusqu’à présent resté sourd aux appels de l’Union européenne et Singapour s’abrite derrière lui.
Swissinfo: Et la Suisse derrière ces deux places financières, et le Luxembourg derrière la Suisse, etc....
T.A.: Le Luxembourg a une position constante : il fera comme la Suisse, ni plus, ni moins. La Suisse, quant à elle, a beau jeu de dire aux Européens : ça ne sert à rien d’essayer de nous imposer des obligations qui risquent de provoquer une fuite des capitaux vers Hong Kong ou Singapour, qui sont des places financières importantes et crédibles. C’est même antidémocratique : si le secret bancaire saute en Suisse, seuls les petits fraudeurs en pâtiront. Les grosses fortunes pourront toujours se permettre d’aller en Asie, pas les petits pensionnés.
[...] Swissinfo: La France a déjà obtenu gain de cause, non?
T.A.: Oui. La Suisse et la France ont récemment signé un avenant à leur convention prévenant la double imposition. Il prévoit que la Suisse devra fournir des renseignements bancaires sur des cas de fraude, au sens français du terme, qui est large, chaque fois que la France le réclamera, sur base de soupçons établis. Ce que la France a obtenu, les autres pays de l’Union pourront l’obtenir aussi.
Swissinfo: Ce serait problématique?
T.A.: Une fois de plus, les petits contribuables, incapables de fonder une société au Panama ou de placer leurs capitaux en Asie, seraient les premières victimes de ce compromis. C’est un peu cynique, mais c’est souvent comme cela que se résolvent les problèmes.
»

Car attention, comme l’explique Thierry Afschrift, l’enjeu est de taille pour l’avenir de la Suisse et par extension de tous les pays qui ont basé leur développement uniquement sur les services financiers (comme la Grande-Bretagne par exemple) : si le secret bancaire disparaît, ce qui fera la différence, c’est la productivité. Or, à ma connaissance, les banques helvétiques n’ont pas démontré qu’elles offraient un meilleur rendement au portefeuille moyen de l’investisseur que leurs concurrentes britanniques, américaines ou chinoises. Elles ont déjà toutes des bureaux -pas de simples boîtes aux lettres- à Nassau ou à Singapour. Le problème, c’est que la Bank of America peut y aller aussi.

Les propos de Thierry Afschrift confirment ce que les milieux bancaires disent du bout des lèvres : les plus gros dépôts sont déjà partis pour Hong Kong ou Macao et on va, somme toute, ne capturer que du petit gibier. Car au delà du coup de « terreur » organisé par Eric Woerth, la prochaine réunion du G20 ne fera qu’entériner une situation qui a été quasiment officialisée par l’OCDE.

« [...] La Chine figure sur une liste "blanche", sur laquelle figure les Etats qui ont sensiblement amélioré leur législation pour l’adapter aux normes internationales. L’OCDE constate en revanche que Hong Kong et Macao, deux régions administratives spéciales chinoises se sont pour l’instant "limitées à des engagements". » (Source L’Express)
D’ailleurs, un Juriste en fiscalité internationale de la société HK est formel dans un forum portant le nom de « Bonjour Chine » : l’engagement d’Hong Kong et de Macao de se conformer aux standards internationaux n’implique pas de modification quant à la fiscalité appliquée à Hong Kong et au maintien du secret bancaire dans le cadre d’opérations économiques justifiées (import-export et prestations de services). Cette liste est conforme aux attentes de la Chine. Jeudi 2 avril 2009, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, M. Qin Gang, a assuré que la Chine était solidaire de l’initiative de lutter contre les paradis fiscaux à condition qu’Hong Kong et Macao n’en fassent pas partie : « La Chine est un pays responsable et soutient absolument les efforts internationaux visant à résoudre le problème actuellement posé par les paradis fiscaux », a déclaré M. Qin Gang. « Mais notre point de vue ne serait pas le même si les régions chinoises sous administration spéciale de Hong Kong et de Macao était considérées comme des paradis fiscaux ». Les conventions fiscales de non-double imposition signées avec Hong Kong (notamment avec la Belgique ) continuent donc de s’appliquer. - Juriste en fiscalité internationale pour http://www.societeHK.com (création et gestion de société à Hong Kong) - Liste officielle de l’OCDE
Il n’y a d’ailleurs qu’une simple recherche à effectuer sur le Web pour trouver des opérateurs qui ne se cachent pas et vous proposent des services parfaitement clairs.
Voici les principaux avantages d’une société offshore à Hong Kong:
• Pas d’impôt sur les sociétés ni sur les bénéfices
• Pas de T.V.A
• Pas de droit de succession sur les actions détenues par les non-résidents
• Une seule personne est nécessaire pour la constitution de la société
• Pas de capital minimum pour constituer la société
• Anonymat garanti des actionnaires et des directeurs
• Le secret bancaire est respecté
• Enregistrement de votre société en 7 jours
• Parfaite transparence vis-à-vis de vos clients et fournisseurs
• La meilleure renommée et image dans le milieu des sociétés offshore et internationales

Enfin, un point important : il n’est pas nécessaire de résider à Hong-Kong pour y créer une société ou y exercer des activités commerciales.

Le régime fiscal de Hong-Kong est simple, il est basé sur la territorialité des activités commerciales. Concrètement, vous contrôlez les activités de votre société offshore en France et achetez des produits auprès de vos fournisseurs en Asie du Sud-Est que vous revendez à vos clients en Europe, l’imposition sera de 0% !
- Seuls les bénéfices et les revenus tirés directement de Hong-Kong sont imposés.
- Il n’y a pas d’impôt sur les gains en capital, les dividendes ou les intérêts.
- La réglementation concernant les déductions fiscales pour l’investissement et l’amortissement est généreuse.
- Hong-Kong n’a pas de taxes de vente ou de taxes sur la valeur ajoutée - Source Ascon Group

Cette « trouvaille » est néanmoins celle du petit gibier évoqué plus haut, puisque les initiés ont déja pris place sans attendre dans le nouvel eldorado fiscal !
Piqués au vif et montrés du doigt comme le seul pays responsable de l’évasion fiscale, les banquiers helvétiques n’hésitent pas à « balancer ». Nous attirons votre attention sur le texte publié par l’ Associations des banquiers privés suisses portant le titre : « Le G20 ou quand les gros se ménagent et s’en prennent aux petits - Par Michel Y. Dérobert, Secrétaire général de l’Association des banquiers privés suisses ».

Extraits :

« [...] Seuls les initiés sauront expliquer pourquoi l’Argentine a l’honneur de la liste blanche alors que le Brésil ne se retrouve nulle part, un « no man’s land » où l’on suppose aussi la présence de l’Afrique du Sud, de l’Arabie Saoudite, de l’Inde et de l’Indonésie, par exemple. Cette « non-catégorie » englobe aussi des pays industrialisés, comme Israël, ainsi que les dépendances chinoises de Hong-Kong et Macao, qui ont été détachées de la Chine (liste blanche) à la faveur d’une note de bas de page. Seul un lecteur attentif et doué d’un esprit déductif aura compris que les auteurs de ce classement auraient voulu ranger dans la liste grise ces « Special Administrative Regions ». Mais les dirigeants chinois, s’inspirant sans doute du modèle américain, s’y sont apparemment opposés.

[...] D’un point de vue politique, il fallait s’attendre à ce que les pays représentés au G20 se ménagent mutuellement. D’où l’extrême discrétion à propos des territoires américains et chinois évoqués plus haut. D’où les questions qui se posent aussi à propos des pays « oubliés », dont on ignore s’ils doivent être considérés comme plutôt bons ou plutôt mauvais. [...] »


En effet, il est bon de rappeler que les États-Unis font partie de la liste blanche de l’OCDE et cela sans aucune note désignant les pratiques opaques d’États tels que le Delaware ou le Wyoming. Et pour terminer, les petits malins pourront toujours dans l’immédiat se tourner vers quelques pays en passe de devenir tendance, du moins jusqu’à fin 2010 : « [...] Israël, la Slovénie et l’Estonie sont engagés dans des négociations d’adhésion à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) qui compte actuellement trente membres. Ces discussions pourraient aboutir en 2010. » - Source Cbanque

Tremblez spéculateurs et évadés fiscaux de tous poils... c’est Eric Woerth qui vous le dit !

jeudi 27 août 2009

Si les traders veulent s'en aller voir ailleurs, qu'ils y aillent

Les traders s'en vont? On peut s'en passer...

Sobiz - Blogueur associé | Jeudi 27 Août 2009 à 12:01 | Lu 4592 fois
Marianne2.fr

Grand mercato des traders: si l'encadrement est trop strict, les financiers iront ailleurs, emmenant avec eux, loin de la France, leurs précieux billets. Sobiz s'est penché sur le problème, et a découvert deux choses: il n'y a pas plus de mercato que de beurre en poudre. Et si les traders envahissaient l'Eurostar, ça ne serait pas si terrible...




Pour un peu, on en aurait les fesses qui font bravo, tiens. L’internationale des traders à futal Paul Smith qui menace, la main sur le cœur, de quitter la France pour des cieux financièrement plus cléments si on leur rabote leurs jolis bonus à six zéros ; des patrons de banque qui les défendent, trémolos dans la voix et larmichette au coin de l’oeil ; le tout soutenu par la plume revancharde de dispensables ronds de cuir de Valeurs Actuelles et d’éditorialistes à bretelles. Fichtre : l’attelage a de quoi faire frissonner. Voire donner des sueurs froides aux gérontes de la Commission bancaire, censée contrôler l’application du « code de bonne pratique » des banques, adopté en février dernier, qui prévoyait notamment un encadrement des bonus.

Ainsi donc, il y aurait un mercato des traders, à l’image de celui du foot. Ainsi donc les banques anglo-saxonnes seraient à l’affût, avides de débaucher des meilleurs éléments des salles de marché de BNP Paribas ou Société Générale. Ainsi donc, les brillants esprits des « front offices » seraient prêts à quitter la France du jour au lendemain si l’Etat limite leurs bonus, ou, comme le gouvernement l’envisage, les étale sur plusieurs années et en limite les versements en cash. A défaut d’une fuite des cerveaux, on aurait donc une évasion de pompes Weston, une hémorragie de Rolex, un exode de complets Hugo Boss. Flippant, tout ça, flippant.

Rappelons donc quelques vérités. Les banques de financement et d’investissement (BFI) des établissements français ont généré près de 6 milliards d’euros de pertes en 2008. Elles ont annoncé des coupes dans leurs effectifs d’environ 3 500 postes, en majorité sur les métiers de marchés : plus de 700 chez Calyon (250 en France, 250 à l’étranger et 235 dans le courtage), 1 000 pour la BFI de BNP Paribas, 1 250 chez Natixis dont 850 sur la BFI. Au niveau mondial, on estime à plus de 500 000 le nombre de licenciements dans le secteur financier.

Pour perdre de l'influence, il faut en avoir eu...

Les banques qui se battent pour embaucher du trader, c’est donc une mystification. Il n’y avait qu’à voir, il y a quelques mois, les golden boys français virés de la City qui débarquaient en Eurostar gare du Nord, s’inscrivaient à une agence d’intérim pour bosser une heure, et profitaient d’une faille du système d’assurance chômage français pour toucher leurs - énormes - allocs en France, faute de poste à leur mesure – et à leur salaire. En avril dernier, l’université Paris-Dauphine annonçait même la fermeture jusqu’à nouvel ordre du fameux Master 203, intitulé « marchés financiers, marchés des matières premières et gestion des risques ». Cause invoquée : « fortes restrictions de recrutement dans le secteur ».

Conclusion de cette pénible logorrhée
: il n’y a pas plus de mercato des traders que de connexion neuronale dans le cerveau de Frédéric Lefebvre. Pas de mercato, car pas de transferts, à part pour des profils très spécifiques, quelques dizaines en France tout au plus. Des gros bonnets français de la City, beaucoup ont changé de métier, se sont exilés, voire carrément arrêté les frais. Le chiffon rouge agité par les patrons de banques est avant tout un moyen de justifier a posteriori le milliard d’euros de provisions passé par BNP Paribas en pleine torpeur estivale pour les bonus de ses traders. Ou les 11,3 milliards mis de côté par la banque d’affaires américaine Goldman Sachs pour ses opérateurs de marché, soit 700 000 dollars par salarié, le double de 2008.

On peut même aller plus loin. Quand bien même ces fameux traders français prendraient la poudre d’escampette (pas leur préférée, mais bon, admettons), quels seraient les dégâts sur l’économie française ? Quinze points de PIB ? Des trains qui ne roulent plus ? Un pays en banqueroute ? Restons sérieux. L’affaire Kerviel a prouvé que même avec 5 milliards de pertes sur sa BFI, la Sogé pouvait afficher des résultats positifs grâce à son activité de banque de détail. Même aux Etats-Unis, les 32 milliards de dollars de bonus en 2008 dans les 9 banques pourtant aidées par l’Etat sont largement compensés par les 38,5 milliards glanés par ces mêmes banques sur les diverses commissions facturées au grand public (agios, frais de retrait, de retard etc). Sachant que 90% de ces commissions ont été payées par 10% de leurs clients les moins favorisés. La banque de détail, ou la bonne vieille assurance tout risque quand la finance explose.

Le seul vrai manque à gagner d’un départ des traders serait peut-être un impôt sur les sociétés plus faible payé par les banques à l’Etat, si les activités de BFI apportent du chiffre d’affaires supplémentaire. Ce qui, on l’a vu en 2008, n’est pas toujours le cas. Sinon ? Ah oui, il y a la fameuse « perte-d’influence-de-la-place-de-Paris ». Avec, en filigrane, le vieux rêve de faire de la capitale française le pendant continental de la City. Mais quelle influence, au juste ? Celle qui a fait qu’Euronext, la bourse de Paris, s’est fait absorber par le New York Stock Exchange sous prétexte d’une « fusion entre égaux » ? Celle qui conduit le même NYSE à rapatrier discrètement tout l’outil informatique à Londres ? La vraie chance de Paris est passée : c’était la fusion avec la bourse de Francfort, projet européen écarté pour se jeter dans les bras de New York avec le succès que l’on sait.

De quoi la France a-t-elle besoin ? De groupes industriels forts, de PME plus grosses et plus exportatrices, de sociétés leaders technologiques, de banques de détail qui les soutiennent avec des crédits. De traders ? Oui, mais qui échangent des actifs réels, en contact avec les besoins de financement de l’économie. Pas de nerds spéculant sur des produits dérivés dont ils ne sauraient dire à quoi ils correspondent, et dont l’essentiel de l’activité n’a aucun lien avec l’économie réelle. Si ceux-là ne sont pas contents, les Eurostars sont loin d'être pleins.

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mercredi 26 août 2009

la Suisse se déculotte

En deux jours, la Suisse se déculotte devant les Etats-Unis et la Libye

Banqueroute / mercredi 26 août par Amédée Sonpipet Bakchich.info

Qui dit mieux ? Mercredi dernier, la Suisse a bradé son secret bancaire aux Etats-Unis, et jeudi son honneur en Libye. Longtemps admirée, la Confédération est devenue une serpillière.

Le journaliste lausannois Claude Monnier, 71 ans, commence son éditorial dominical ainsi : « Longtemps, la Suisse a donné l’impression de se croire l’élue du Seigneur : meilleure moralement, plus intelligente politiquement, plus habile économiquement, que tous les autres pays réunis. Elle a échappé à deux guerres mondiales et jouit d’une prospérité exceptionnelle, malgré l’absence de matières premières. »

Tout cela est en train de s’effondrer, d’un coup. En février 2009, l’UBS, la plus grande banque du pays, est contrainte de lâcher au fisc américain les noms de 255 de ses clients domiciliés aux Etats-Unis. C’est non seulement une grave entorse au fameux secret bancaire helvétique, mais aussi une trahison.

La Suisse livre 4450 noms

Après avoir fait son beurre sur ses riches clients américains, en les aidant à dissimuler leurs avoirs derrière des sociétés bidons et des œuvres caritatives, voilà que l’UBS les dénonçait pour sauver sa peau. Bien évidemment les Etats-Unis n’en sont pas restés là. Ils ont menacé la banque d’un procès qui pouvait lui coûter des milliards d’amendes. Quant aux banquiers suisses, ils étaient sous le coup d’inculpations pour complicité de fraude fiscale.

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© Nardo

Mercredi 19 août, le gouvernement suisse a signé un compromis avec Washington. L’UBS échappe au procès mais livre encore 4 450 noms de clients américains. Pour Berne, c’est une victoire à la Pyrrhus. Pourquoi les Américains ne continueraient-ils pas à réclamer d’autres noms ? Puis à s’attaquer à d’autres établissements financiers, le Crédit suisse et les prospères banques privées de Zurich, Genève et Lugano.

L’arrestation d’Hannibal Kadhafi

On imagine que tous les autres fraudeurs, américains, français ou allemands, sont presque tous actuellement en train de vider leurs coffres suisses. Pour se réfugier à Chypre, à Singapour ou à Dubaï, des places financières qui ne sont pas encore dans l’œil du cyclone. Du coup, la Suisse va se retrouver nettement plus propre, mais beaucoup plus pauvre.

Bafouée par les Américains, Berne a été humiliée le lendemain par la Libye. Que s’est-il passé ? Le 15 juillet 2008, la police genevoise met en cellule pendant deux jours Hannibal Kadhafi, le plus allumé des fils du « Guide », qui tabassait, avec son épouse, leurs domestiques dans un palace genevois. Aussitôt, par mesure de rétorsion, Tripoli arrêtait deux Suisses. Un an plus tard, les deux malheureux ne peuvent toujours pas quitter le pays.

Le colonel Kadhafi vide ses coffres

Plus grave encore pour la Suisse : le colonel Kadhafi décide de retirer toute sa fortune de la Confédération ! Hans-Rudolf Merz, le président, est donc allé à Canossa jeudi dernier. A plat ventre, il a exprimé ses excuses « au peuple libyen pour l’arrestation injuste de diplomates libyens par la police de Genève » (or, Hannibal et son épouse ne sont pas diplomates). Plus grave, le président suisse annonce la mise sur pied d’un tribunal arbitral chargé d’examiner les circonstances de l’arrestation d’Hannibal Kadhafi

Et Hans-Rudolf Merz, qui n’a même pas été reçu par le colonel Kadhafi, est reparti… sans les deux Suisses. Ces derniers ont déjà passé plus de 13 mois en Libye sans raison. Hermann, le dessinateur de La Tribune de Genève, montre le président de la Confédération en caleçon qui déclare : « Je n’ai pas baissé mon pantalon devant Kadhafi. Il était déjà en bas pour l’accord UBS-USA ».

« Racketter la Suisse »

En deux jours, le gouvernement suisse a bafoué ses propres lois. D’une part, il a violé le secret bancaire, ce qui reste toujours un délit, passible d’une peine de prison. D’autre part, il s’est ingéré dans les affaires du canton de Genève. Or, la justice relève toujours du canton et non de la Confédération. Savez-vous comment le journaliste Claude Monnier titre sa chronique ? « Racketter la Suisse ? Chacun ose, désormais ! ».

samedi 8 août 2009

Ils continuent à se goinfrer

«Les banques sont en train de détruire le capitalisme»

Alexandra Combe - Marianne | Vendredi 07 Août 2009 à 18:01 | Marianne2

Les bonus de la BNP polarisent l'attention. Et les réactions fusent. Alexandra Combe en a cueilli quelques unes au passage. Et d'abord, celle de Didier Cornardeau, président de l'Association des petits porteurs actifs (APPAC). Pour lui, il faut néanmoins ne pas oublier de remettre ce scandale en perspective: ce milliard de bonus, c'est l'arbre qui cache la forêt.



Didier Cornardeau - Association des petits porteurs actifs
Didier Cornardeau - Association des petits porteurs actifs
Quelles sont vos réactions à propos de la décision de BNP Paribas de prévoir environ un milliard d’euros pour les bonus de ses équipes ?

Didier Cornardeau : Ma réaction, celle de l’APPAC, est celle de tous les Français : c’est scandaleux ! L’Etat confirme le diction « on ne prête qu’aux riches ». On aurait préféré que ces résultats très positifs dégagés par les banques soient donnés ou prêtés à des secteurs économiques en difficulté et plus spécialement au secteur agricole. L’activité est dense car les taux d’intérêt sont faibles. Ainsi le chiffre d’affaires est en hausse et on rémunère les traders avec des bonus alors que des plans de licenciements sont en cours. On favorise les gens qui n’ont rien apporté aux banques. On ferait bien mieux de financer le personnel des banques par exemple étant donné les plaintes des clients qui se multiplient et l’image des banques en France qui est très mauvaise.

Etes-vous de l’avis de l’association SOS Petits Porteurs selon laquelle il s’agit du « milliard des traders » et que l’argent doit être remboursé à l’Etat ?

Le scandale c’est qu’on donne des bonus aux traders pour récompenser leur travail alors que beaucoup de banques sont en voie de disparition. Il faut savoir que BNP Paribas aujourd’hui est presque sans concurrence. Les Français ont fait des efforts en subventionnant les banques et il n’y a aucune contrepartie. On verra bien ce que recevront les actionnaires en décembre 2009. Ce serait encore plus scandaleux s’ils recevaient des dividendes inférieurs à ces provisions. On remet en cause l’intérêt social de la BNP en favorisant une politique en défaveur des salariés, des actionnaires et des clients de la BNP et au profit de l’intérêt personnel des dirigeants.
L’Etat reçoit déjà 8% ce qui est un taux plutôt favorable. L’argent doit être remboursé à l’Etat si ce dernier doit aider d’autres secteurs en difficulté je pense notamment au secteur industriel. Le rôle de l’Etat n’est pas d’être un banquier mais d’aider les secteurs en difficulté et de sauver l’emploi.

Faut-il une intervention du gouvernement pour mettre fin à ce genre de pratiques de la part des banques ?

Oui, il faut une intervention du gouvernement. Le Medef n’agit pas alors que chaque mois il y a un nouveau scandale. Il faut arrêter ces rémunérations scandaleuses au profit de personnes qui ne les méritent pas. A côté de cela, il y a les salariés et les Français qui souffrent. Les banques sont en train de détruire le capitalisme et le libéralisme. Il faut légiférer pour endiguer ce phénomène. Pour éviter une crise sociale, le gouvernement devra agir fermement à la rentrée sociale car c’est ce qu’attendent tous les Français.

La demande de Christine Lagarde de saisir le gouverneur de la Banque de France pour s’assurer du respect des règles de la finance vous paraît-elle suffisante ?

C’est à Christine Lagarde de prendre ses responsabilités et de proposer des règles. L’efficacité passe par une loi votée au parlement et non pas par des recommandations qui n’aboutissent à aucune sanction. Il faut un vrai encadrement et des exigences strictes.

Etes-vous d’accord avec la proposition de Jean-Marc Ayrault de faire intervenir le parlement pour légiférer ?

Le pouvoir politique n’est pas maître à bord. Les banquiers ont plus de pouvoir que les politiques. Il faut rétablir la balance en aidant l’industrie afin de gérer les problèmes liés à l’emploi. L’intervention législative traduit un échec. S’il faut recourir à la loi, c’est que l’autorégulation ne fonctionne plus. Si les patrons du secteur bancaire étaient plus consciencieux et plus respectueux, ils n’agiraient pas comme ça. Ils gèrent leur patrimoine au détriment des épargnants.
La crise n’a pas servi de leçon, ils continuent à se goinfrer alors que les industries souffrent.

La fête continue

Banques, bonus, bénéfices : le paradoxe des parasites

vendredi 7 août 2009 Le Courrier diplomatique

Onze milliards quatre cent millions de dollars provisionnés au premier semestre 2009 par la banque américaine Goldman Sachs pour récompenser ses courtiers ; 1 milliard d’euros épargné par BNP Paribas en prévision du versement de primes à ses acrobates financiers (selon Libération, 5 août 2009) ; 4 milliards de livres sterling de bonus attendus par les traders de la City, à Londres ; 32,6 milliards de dollars versés l’an dernier sous forme de primes par neuf établissements de Wall Street qui, dans le même temps, avaient perçu 175 milliards d’aides publiques, selon les conclusions de l’enquête menée par le procureur général de l’Etat de New York, M. Andrew Cuomo (1) : la routine bancaire a repris son cours.

Bien que situés quelques barreaux en dessous sur l’échelle de la démesure, ces montants évoquent ceux mobilisés quelques mois plus tôt par les puissances publiques pour sauver le réseau bancaire mondial de l’effondrement. De septembre 2008 au printemps 2009, chefs d’Etat et banquiers centraux se sont, littéralement, mis au service des banques privées. Avec l’argent du contribuable, ils ont nationalisé les plus claudicantes, garanti ou racheté les créances pourries détenues par les autres, injecté des centaines de milliards de dollars dans leurs fondations branlantes, inondé les guichets d’un flot illimité et pratiquement gratuit de liquidités. Pour, finalement, se substituer à des établissements soudain incapables de remplir leur principale fonction : irriguer l’économie en crédit.

C’est là tout le paradoxe des parasites. En l’espace de quelques mois, les banques d’affaires privées ont successivement démontré leur nullité (politique de prêts reposant sur l’idée que les prix de l’immobilier grimperaient éternellement, accumulation explosive de créances douteuses), leur nocivité (funambulisme spéculatif sur le pétrole, les produits alimentaires et les matières premières), leur fragilité (le naufrage de l’une déclenche une crise mondiale du crédit), leur inutilité (l’Etat les remplace sans dommage) et, enfin, l’insatiable cupidité de leurs dirigeants – sans qu’il en soit tiré aucune conséquence pratique. Nationaliser franchement, et durablement, l’ensemble du secteur aurait-il été plus coûteux ?

Malgré les communiqués triomphaux des membres du G20 (dont la Chine, la Russie, le Brésil, l’Argentine, l’Afrique du Sud) réunis à Londres en avril dernier pour « réformer le capitalisme » et ramener ses acteurs à plus de raison, le sauvetage des géants de la finance n’a été assorti d’aucune condition digne de ce nom. Comme l’indiquent les profits enregistrés au deuxième trimestre 2009 par Goldman Sachs, Citigroup, Barclays, BNP Paribas, HSBC, etc., la rente bancaire sort intacte d’une crise qui prive d’emploi des dizaines de millions de salariés ; elle accomplit l’exploit d’unir dans une commune réprobation des contribuables détroussés par des tarifs exorbitants et soumis à la gabelle du renflouage, les chefs d’entreprise étouffés par la restriction du crédit et les actionnaires effarés par le montant de bonus qui amputent d’autant leurs dividendes !

Dans la Grèce antique, l’hubris, cette aspiration violente à la démesure, appelait la némésis, le châtiment par la destruction. Mais quel gouvernement se risquerait à réprimer un secteur où se recrutent et se recyclent tant de cadres du pouvoir politique ?

Pierre Rimbert

lundi 3 août 2009

La crise n'est pas finie

Le capitalisme en danger? Sauvons les banquiers!

Paul Jorion - économiste | Dimanche 02 Août 2009 à 07:01 | Lu 2687 fois


Les banques américaines savent que la crise n'est pas finie. D'ailleurs, sous couvert de redistribution de fonds, elles mettent leur argent de côté pour faire face à toute éventualité. Mais selon Paul Jorion, elles n'ont pas prévu une chose: et si le capitalisme mourait vraiment? (Si vous aimez les chroniques de Paul Jorion, n'oubliez pas de cotiser sur son site!)



Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Des difficultés techniques du côté de Seesmic m’ont empêché de télécharger la vidéo de 12 minutes que j’avais enregistrée. Je vais donc reconstituer par écrit ce que j’avais tenté de vous dire.

Dans ma chronique du mois de juin dans Le Monde, reproduite dans mon billet Le Monde - Économie, lundi 29 – mardi 30 juin : Etats-Unis : de bien curieux remboursements, j’essayais de comprendre pourquoi un certain nombre de banques américaines avaient voulu rembourser de manière anticipée les fonds qui leur avaient été donnés dans le cadre du TARP (le Troubled Asset Relief Program), le programme mis en place pour leur permettre de se recapitaliser et de procéder à nouveau à l’allocation de crédits. Je rappelle que le TARP avait été mis en place une fois qu’avait été écartée la formule envisagée en premier : celle d’une « bad bank », d’une banque de défaisance, où seraient mis en quarantaine les produits financiers dévalorisés : les Residential Mortgage-Backed Securities dévalués en raison des défauts des emprunteurs, en particulier dans le secteur « subprime », celui qui regroupe les ménages les moins nantis.

Je dressais un parallèle entre ce comportement des banques échappant au carcan du TARP et ce que j’avais pu personnellement observer à l’époque où j’étais cadre chez Countrywide, le principal établissement financier américain dans le domaine des crédits hypothécaires. À une série de rumeurs très favorables à la firme – et dont on affirmait parmi les cadres qu’elles émanaient probablement de la direction – succédait la vente par ses dirigeants de la quasi-totalité de leurs actions. Opération que l’on pouvait résumer de la manière suivante : vider la caisse avant de s’éclipser.

Une rémission plus que relative

Alors que le remboursement des sommes avancées dans le cadre du TARP par, en particulier, Goldman Sachs, JP Morgan Chase et Morgan Stanley, apparaissait aux yeux du public comme un signe de bonne santé de la finance, je me demandais s’il ne fallait pas y lire au contraire le signe d’une aggravation de la situation : le signe d’une désespérance de la part de leurs dirigeants, déterminés à tirer le maximum d’argent de leurs opérations avant que celles-ci ne doivent s’interrompre une fois pour toutes.

Un autre élément vient confirmer cette interprétation, un indice utilisé généralement comme baromètre d’une reprise économique éventuelle : l’achat d’actions de leur propre firme par les dirigeants d’entreprises. Or cet indice demeure en baisse : profitant d’un rebond boursier favorisé par le relâchement des règles comptables relatives à la valorisation des produits financiers, les patrons continuent de vendre les actions de leur compagnie et n’en rachètent toujours pas. Si l’on répète partout que les choses vont mieux, une chose est sûre en tout cas : les chefs d’entreprise n’en sont pas eux persuadés.

Autre indice, allant lui aussi dans le même sens, des chiffres disponibles depuis hier, révélés dans un rapport diffusé par Andrew Cuomo, l’Avocat Général de l’État de New York : sur les 175 milliards de dollars distribués dans le cadre du TARP, 36,2 milliards, soit 18,6 % de la somme furent immédiatement redistribués en bonus aux dirigeants de ces entreprises, mieux, si l’on concentre son attention sur les trois principales banques qui remboursèrent les fonds obtenus dans le cadre du TARP : JP Morgan Chase, Goldman Sachs et Morgan Stanley, la somme distribuée en bonus atteint 18 milliards de dollars, à comparer aux 45 milliards reçus, soit 40 % du total.

Bien sûr, ces trois banques ont remboursé les fonds obtenus, mais s’agissait-il d’une véritable prouesse quand les 60 % restants, les 27 milliards, ont pu être utilisés pour la spéculation dans un univers de concurrence décimé ? Ces firmes continuaient aussi de bénéficier de la garantie du gouvernement américain dans leurs opérations, et avaient toujours accès aux fonds procurés par la Federal Reserve à un taux extrêmement bas.


Pourquoi cette prodigalité choquante alors que les chiffres seraient nécessairement connus ? Les montants des bonus apparaissent en effet au bilan, la presse américaine et les blogueurs sont par ailleurs extrêmement curieux et, dans le monde du travail américain où les licenciements sont extrêmement aisés et ne requièrent aucune justification, les employés éprouvant du ressentiment envers leur firme présente ou passée sont extrêmement nombreux et toujours disposés à vendre la mèche.

Sans doute parce que la période où ce partage des restes demeure possible présente un créneau de très courte durée, obligeant du coup à agir dans la précipitation. Ces dirigeants envisageraient-ils même qu’ils puissent être arrêtés et punis, agir au plus vite leur permet de mettre les sommes soustraites à l’abri d’une confiscation éventuelle, tactique utilisée par des gangsters sachant déjà qu’ils seront pris mais prenant toutes les précautions nécessaires pour pouvoir récupérer le plus gros des sommes volées à leur sortie de prison.

Si donc ces dirigeants d’entreprise et moi pensons – au contraire du public – que la situation continue inexorablement de se dégrader, partagent-ils avec moi le sentiment que l’on observe ici les signes de la fin du capitalisme ? Probablement non : leur attitude révèle sans doute qu’ils considèrent la crise comme beaucoup plus sévère que celles qui furent observées dans les années récentes, mais le fait qu’ils tentent de constituer des réserves dans la précipitation et en se souciant peu que ce soit au vu de tous, suggère qu’ils envisagent un « come-back » futur dans un cadre identique à celui qui existait auparavant.

Si l’on parle en effet beaucoup d’inflation, voire même d’hyperinflation, à venir, en raison des sommes énormes injectées depuis deux ans par les autorités monétaires, le fait est que ces fonds sont en réalité indisponibles, une portion importante en étant placée par les établissements financiers auprès de leur banque centrale, ou bien étant, comme on vient de le voir, directement redistribuée entre dirigeants d’entreprises. Ces fonds sont donc, de fait, gelés sous la forme de réserves et, ne circulant pas, ne génèrent aucune pression inflationniste. Rien ne vient du coup contrer les tendances déflationnistes que constituent de leur côté la récession et les pertes d’emplois. Lorsque les prix seront tombés au plus bas, les sommes que l’on voit raflées en ce moment pourront sortir de leur cachette et racheter à bas prix les biens dévalorisés.

... avant la fin du capitalisme?

Les événements se dérouleront-ils selon ce scénario ? Je ne le pense pas personnellement, et ceci, pour deux raisons. La première est que les sommes perdues cette fois-ci sont beaucoup plus considérables que lors de crises précédentes : la taille des dettes accumulées est cette fois disproportionnée par rapport aux richesses créées entretemps, trait qui a empêché que le recours à la formule bien rodée de la « privatisation des profits, socialisation des pertes » ait pu constituer cette fois la réponse appropriée : la socialisation des pertes ne suffit plus à la tâche, le corps social étant incapable cette fois de l’absorber. On a vu Mr. Alan Grayson, parlementaire américain, ironiser sur le fait que le prêt de la Federal Reserve à la banque centrale néo-zélandaise représente 33.000 dollars par ménage de ce petit pays, soulignant la disproportion que j’évoque.

La deuxième raison, c’est l’horizon de la planète elle-même : le fait que l’orgie productive que lui ont permis au cours des deux derniers siècles les carburants fossiles arrive à sa fin et que le réchauffement de la planète – le fait que ce soient les hommes qui en soient responsables ou non étant indifférent – nous obligera désormais de vivre dans un monde beaucoup moins accueillant à l’espèce.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un« jo urnaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

dimanche 21 juin 2009

PARADIS FISCAUX

Les paradis fiscaux poussent comme des champignons

La bataille contre les paradis fiscaux n'est pas encore gagnée, loin s'en faut. C'est comme la mauvaise herbe dans le jardin. On la détruit mais ça repousse tout seul ailleurs.

Voici ce que dit à ce sujet 20minutes.ch le 21 juin 2009.

De nouveaux paradis fiscaux apparaissent

Lancée par le G20, l'offensive contre les paradis fiscaux gagne du terrain.

Mais plusieurs experts craignent l'émergence de nouveaux centres financiers offshore, en montrant du doigt notamment le Ghana ou l'île d'Anjouan.

A l'approche du prochain G20 organisé les 24 et 25 septembre à Pittsburgh aux Etats-Unis, de grandes places financières, comme la Suisse ou le Luxembourg se pressent de conclure les douze conventions bilatérales d'échange d'informations requises pour sortir de la liste grise des paradis fiscaux.

Plus de 40 traités de ce type ont déjà été signés et 25 sont en négociation, faisant espérer «une décennie de transparence», selon Jeffrey Owens, du Centre de politique et d'administration fiscales à l'OCDE.

Places hors contrôle

Mais des craintes se font jour. L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ne surveille actuellement «que» 84 juridictions et certains pays, libres de tout contrôle, sont tentés de faire «cavalier seul» et de se muer en paradis fiscal pour attirer les investisseurs désireux d'échapper à l'impôt.

«Le Ghana nous inquiète particulièrement. Des banques poussent les autorités à adopter une législation qui ferait du pays un centre financier offshore», prévient John Christensen de l'ONG Tax Justice Network.

Selon le journal britannique The Observer, la loi bancaire ghanéenne a ainsi été récemment modifiée pour permettre à la Barclays d'y gérer des activités offshore.

D'autres territoires seraient sur les rangs. Fin 2007, le Premier ministre de la Jamaïque, Bruce Golding, a indiqué au Financial Times que son pays «pourrait tirer des bénéfices» des activités offshore.

L'île d'Anjouan, dans l'archipel des Comores, va plus loin et vante sur son site internet ses services offshore créant un «bon environnement» pour les investisseurs.

Comme des champignons

«Les paradis fiscaux poussent comme des champignons» en Europe centrale, assure par ailleurs Gunther Capelle-Blancard, professeur de finances à l'université parisienne de La Sorbonne.

«En quelques années, on a vu fleurir dans ces pays un nombre incalculable de Bourses au fonctionnement opaque. Il y a clairement une volonté de s'imposer comme des nouveaux acteurs de la finance à mesure que les contraintes sont plus fortes dans les pays occidentaux», souligne l'universitaire.

Selon la Fédération des Bourses d'Eurasie (FEAS), le Kazakhstan n'applique aucune fiscalité sur les revenus du capital, un des critères de définition des paradis fiscaux.

Mettre la pression

Face à ce risque de «cavalier seul», l'OCDE estime que la pression internationale saura dissuader les nouveaux entrants. Plusieurs pays devraient réaffirmer leur volonté de lutter contre les paradis fiscaux mardi lors d'une réunion à Berlin.

L'OCDE compte par ailleurs élargir la liste des juridictions placées sous sa surveillance lors du Forum global sur la fiscalité prévu début septembre.

«Ces tentatives de (faire) cavalier seul n'iront pas loin. Les pays concernés ont un faible poids politique et les moyens d'action de la communauté internationale sont considérables», estime Daniel Lebègue, de Transparency International France, évoquant la possibilité de couper l'aide au développement.

Viser les banques

Selon les ONG, un changement d'approche s'impose. «Les paradis fiscaux n'existent que parce que des banques et des multinationales les utilisent», souligne Jean Merckaert, du CCFD-Terre solidaire, qui souhaite que les acteurs économiques soient tenus de dévoiler leurs activités offshore.

De son côté, Oxfam plaide pour que les questions de fiscalité soient traitées par les Nations Unies, et non plus au niveau bilatéral, afin d'étendre le champ de la transparence.



Source: SDA/ATS

Israël, la colonisation continue

Israël prévoit 250 millions de dollars pour les colonies

A peine une semaine après le grand discours de Netanyahu, la colonisation de la Cisjordanie continue de plus belle, une façon de bien montrer au monde qu'Israël se moque éperdument du Président Obama. L'article qui suit a été publié le 21 juin 2009 sur le site du journal 20minutes.ch

Le projet de budget israélien prévoit 250 millions de dollars de crédits pour les colonies de Cisjordanie, a indiqué dimanche la radio militaire.


Les colons continuent de s'implanter en Cisjordanie. (Photo: AFP)

Le président américain Barack Obama a pourtant multiplié les appels en faveur d'un gel de la colonisation.

Le projet de budget voté en première lecture la semaine dernière par le Parlement pour les années 2009 et 2010 inclut officiellement des investissements d'un milliard de shekels (250 millions de dollars). Ces crédits sont notamment destinés à des investissements dans la construction de logements et le développement d'infrastructures, a ajouté la radio.

La radio a précisé que près de 40 millions de dollars vont être consacrés à la construction d'un nouveau quartier à Maale Adoumim, une des plus grandes colonies de Cisjordanie située à l'est de Jérusalem, tandis que 125 millions de dollars seront destinés à financer les «dépenses diverses de sécurité», a poursuivi le radio.

Yariv Oppenheimer, le secrétaire général de la Paix Maintenant, une organisation opposée à la colonisation, a pour sa part estimé que les chiffres réels d'investissements publics dans les colonies étaient beaucoup plus élevés et «dissimulés dans plusieurs chapitres du budget».

«Les chiffres officiels ne constituent que la partie visible de l'iceberg, et les Israéliens vont payer pour les colonies un prix politique très élevé mais aussi économique», a déploré M. Oppenheimer.

«Croissance naturelle»

Les organisations de colons affirment, en revanche, qu'il y a une baisse prévue des crédits pour les implantations de Cisjordanie à la suite des pressions du président Obama. Près de 300'000 Israéliens vivent dans les colonies de Cisjordanie.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a exclu lors d'un discours dimanche dernier un gel de la colonisation dans les territoires palestiniens occupés comme le réclame la communauté internationale.

«Je ne souhaite pas faire construire de nouvelles colonies ou confisquer des terres à cette fin mais il faut permettre aux habitants des implantations de vivre normalement», a-t-il affirmé, excluant l'arrêt de la construction dans les colonies existantes pour répondre aux besoins de la «croissance naturelle» de leur population.

Nuisible aux négociations

M. Netanyahu avait en revanche accepté lors de ce discours pour la première fois l'idée d'un Etat palestinien, tout en exigeant qu'il soit démilitarisé.

Le président Obama a indiqué à plusieurs reprises avoir été «très clair quant à la nécessité d'arrêter la colonisation» notamment quand il a reçu M. Netanyahu le 18 mai à la Maison Blanche.

Les Palestiniens de leur côté estiment que la poursuite de la colonisation constitue un des principaux obstacles à des négocations de paix.



Source: SDA/ATS

mercredi 17 juin 2009

Les six conditions de Netanyahu

Etat palestinien: les six conditions de Netanyahu

Mis sous pression par le Président Obama qui demande à Israël d'accepter le principe de la création d'un État palestinien et le gel des colonies en Cisjordanie et Jérusalem-Est, le PM israélien a été obligé de répondre.

Voici sa réponse résumée et les conditions posées par Netanyahu, relatée le 14 juin sur un blog du Nouvel Observateur. Il ne pouvait pas dire non. Alors il dit oui, mais avec de telles exigences que la paix tant proclamée n'est pas encore pour demain matin.

netanyahu.jpg

Il n'y aura donc pas de paix entre Israéliens et Palestiniens dans les mois à venir.

Après le discours de Benjamin Netanyahu de ce soir à Tel Aviv, les rares qui croyaient encore à une solution rapide au conflit ont compris que leurs espoirs étaient totalement vains.

Certes, le Premier ministre israélien a dit qu'il était prêt à négocier la paix sans "pré-condition".

Mais, dans la foulée, il a posé six conditions à la création d'un Etat palestinien - toutes plus ou moins inacceptables pour les Palestiens ou impossibles à réaliser à court ou moyen terme.

1/ Que les Palestiniens reconnaissent qu'Israël est un Etat juif ce qu'ils ne peuvent faire puisqu'un million d'Arabes vivent en Israël.

2/ Que cet Etat soit "démilitarisé", c'est à dire ne dispose d'aucune armée.

3/ Qu'aucun réfugié palestinien n'ait droit au retour.

4/ Que Jérusalem soit la capitale unie d'Israël.

5/ Que le Fatah reprenne Gaza au Hamas.

6/ Que la colonisation "naturelle" continue.

Comment va réagir Obama à ce dernier point, lui qui a demandé plusieurs fois le gel des colonies?

Comment va-t-il prendre ce camouflet?

Le monde attend sa réponse.

FOOT: Le Point de vue de Bakchich

Foot, trop d’euros pour l’Euro 2016

Rien ne va plus / mercredi 17 juin par Woodward et Newton

Voici le point de vue de Bakchich au sujet du fric dans le sport. Une analyse lucide destinée à ceux qui ne savent pas combien ça coûte et qui va payer.

Alors que la France se mobilise pour le gain de l’Euro 2016 de football, un professeur canadien sonne l’alarme sur les pratiques douteuses des États en temps de Jeux. Rien ne va plus…

Qui croire ? Au moment où la grande famille du foot-business hexagonal décrète, au nom du plan de relance de l’économie, une mobilisation générale en faveur de la candidature française à l’organisation de l’Euro 2016 de football, on en apprenait de belles la semaine dernière du côté de Coventry. C’est en effet l’université de cette charmante ville anglaise qui accueillait le symposium 2009 de l’organisation internationale Play The Game, un réseau de journalistes, d’enseignants et d’acteurs du secteur sportif principalement soutenu par le ministère des Sports danois et peu connu des médias français, qui se consacre à promouvoir l’éthique et la transparence dans le sport. Un vaste programme, qui lui vaut quelques inimitiés, notamment de la part de la FIFA, du Comité international olympique (CIO) et des fédérations sportives mondiales les plus corrompues. On se demande vraiment pourquoi ?

Toujours est-il qu’au programme de cette semaine de réflexion festive, figurait notamment une communication très attendue du professeur Chris Shaw, intitulée « Le 4ème pilier secret des Jeux Olympiques : Privatisation des profits et socialisation des pertes – l’envol des coûts de Vancouver 2010 ».

Vancouver 2010 : une note x9

L’ami Chris, un Canadien qui enseigne à la prestigieuse université de Columbia, n’y est pas allé avec le dos de la cuillère ; sa thèse tient en peu de mots : une des raisons de l’explosion incompréhensible de la dette publique des Etats tient en particulier à la volonté des institutions de toutes sortes, en charge de l’organisation de méga-évènements sportifs tels les Jeux Olympiques, d’en dissimuler systématiquement le véritable coût. Il a illustré son propos au moyen d’un exemple concret, à savoir l’organisation des Jeux Olympiques d’hiver, l’année prochaine à Vancouver. Un dossier qui démontre selon lui à quel point le public est trompé sur le coût réel de l’opération. Une grande kermesse dont les uniques gagnants seraient les quelques entreprises privées titulaires des chantiers de construction.

L’Euro 2016 passe à la caisse - JPG - 39.6 ko
L’Euro 2016 passe à la caisse
© Oliv’

« Les Jeux Olympiques sont peu à peu gagnés par un nouveau type de corruption… », a-t-il indiqué, en référence aux modalités de sélection de la ville organisatrice de plus en plus controversées. Un très mauvais souvenir pour nos petits gars qui soutenaient ‘Paris 2012’ et se sont faits doublés « à l’anglaise » par nos amis londoniens. Puis il a précisé : « …c’est le fait que les autorités publiques mentent continuellement aux contribuables et dissimulent le véritable coût de l’opération… ». « Est-ce de la stupidité ou de la tromperie évidente sur la marchandise ? Je dirais que c’est les deux à la fois… » , a-t-il répondu à une question de l’auditoire. Les recherches poussées qu’il a entrepris sur le budget des Jeux de Vancouver l’année prochaine l’ont amené à une conclusion qui a provoqué une franche rigolade : Shaw a tout bonnement comparé les Jeux Olympiques à l’escroquerie bancaire « à la Nigériane » désormais mondialement connue, dans laquelle des e-mails sont expédiés par quelques prétendus nigérians fortunés victimes du régime, qui demandent aux milliers de destinataires de leurs missives, de fournir leurs coordonnées bancaires afin de les aider à sortir quelques millions de pétro-dollars soi-disant bloqués dans le pays, pour finalement vider le compte des quelques gogos qui répondent favorablement. « C’est exactement la même logique », a affirmé le professeur Shaw, « on vous invite à faire preuve d’humanité ou de civisme en comptant activement sur votre cupidité… ».

Les chiffres communiqués par le Canadien sont éloquents : en 2002, le coût officiellement annoncé n’excédait pas 660 millions à la charge du contribuable. Au terme d’études approfondies, il est arrivé à une estimation de 6 milliards de dollars aujourd’hui ! « Aussi incroyable que ça puisse paraître, pas un décompte audité et certifié n’est disponible ; j’ai découvert par exemple que les coûts exposés au titre de la sécurité avaient été occultés dans une proportion inimaginable ; depuis mes découvertes, tous les échelons administratifs bloquent systématiquement l’accès aux informations… Si le Comité d’organisation des Jeux de Vancouver avait communiqué dès le départ le véritable coût de l’opération, nul doute que les contribuables concernés auraient refusé tout net de s’engager dans une telle spirale… ».

100.000 arbres déracinés pour les Jeux les plus « verts »

D’après le chercheur, outre l’explosion du budget de la sécurité et la destruction globale de l’environnement100 000 arbres ont été déracinés pour faire de la place à ce qui est supposé constituer « les Jeux les plus écologiques jamais organisés » - le Comité d’organisation a même été obligé de consentir une hypothèque de 1,1 milliards de dollars canadiens sur le village olympique… On ne sait si en ces temps troublés, les banques invitées à la fiesta ont inclus l’opération dans la liste de leurs actifs toxiques ou si, par prudence, les prêts consentis au Comité olympique canadien ont été « généreusement » provisionnés.

Reste que, même s’ils enseignent à Columbia, ces Canadiens restent de grands enfants tout juste bons au négoce de peaux de bêtes et de sirop d’érable… Ce n’est pas chez nous que de telles dérives pourraient survenir. Pour peu que Platini nous l’attribue, personne ne doute de nos capacités à faire de l’Euro 2016 une formidable vitrine de notre savoir-faire en matière de mega-teufs sportives. Comme toutes celles qui l’ont précédé, notre génie de l’organisation en fera un succès planétaire qui ne coûtera pas un euro au contribuable. Ou si peu.

En France, la construction d’un stade rendue d’"intérêt général"

On se demande d’ailleurs pourquoi, pas plus tard que la semaine dernière, c’est à la sauvette que la Commission des affaires économiques de la Chambre des députés a adopté, dans le cadre du projet de loi de développement et de modernisation des services touristiques, un amendement rendant « d’intérêt général » la construction d’enceintes sportives dans le cadre de la candidature française à l’Euro 2016 ?

Tout compte fait, « Chris le Trappeur » n’a peut être pas tout à fait tort de sonner l’alarme. Surtout lorsqu’on s’arrête un moment sur la rédaction dudit amendement : « les enceintes sportives… ainsi que les équipements connexes permettant le fonctionnement de ces enceintes sont déclarés d’intérêt général QUELLE QUE SOIT LA PROPRIETE PRIVEE OU PUBLIQUE de ces enceintes et équipements ». Ça va chercher dans les combien d’euros un « stade privé, d’intérêt général » pour l’Euro 2016 ?

vendredi 12 juin 2009

FOOT et FRIC



Le football est un jeu merveilleux dont la principale qualité est d'être un jeu d'équipe. Contrairement à d'autres sports comme le tennis, aucun joueur ne peut gagner seul. C'est l'équipe qui gagne, pas le joueur même s'il est le meilleur du monde.
Hélas, hélas, le foot est malade. Il est rongé par un cancer appelé fric. Cette gangrène va le détruire. Les dirigeants de ce type d'industrie perdent la raison.

Voici les montants des dix transferts de joueurs les plus chers jamais effectués, dont le dernier en date est celui Christiano Ronaldo qui vient d'être "acheté" par le Réal Madrid à Manchester United pour le montant de 93 millions d'euros, soit 142 millions de francs suisses. Le prix d'un avion Boeing. Le record du monde détenu par Zidane avec 75 millions d'euros est pulvérisé !!!! Le scandale est d'autant plus grand que cela se produit en pleine crise économique et d'effondrement du système capitaliste spéculatif mondialisé. Cela se produit quand des milliers de gens perdent leur emploi, leur seul gagne-pain, quand des millions d'épargnants sont spoliés et ruinés.

Foot: le prix des transferts de joueurs des grands clubs






Année Montant en millions d'Euros Nom Départ Arrivée
10 2009 93 Christiano Ronaldo Manchester United Real
9 2001 75 Zidane Juventus Torino Real
8 2009 67.2 Kaka Milano AC Real
7 2000 61 Luis Figo Barcelona Real
6 2000 59 Hernan Crespo Parma Lazio Roma
5 2001 48 Gaizka Mendieta Valencia Lazio Roma
4 2002 47 Rio Ferdinand Leeds United Manchester United
3 2006 46 Andrai Sherchenko Milano AC Chelsea
2 2002 46 Juan Sebastian Veron Lazio Roma Manchester United
1 2002 45 Ronaldo Inter Milano Real


587.2









Source: 11.06.09 Xpres


Rien que pour 5 joueurs, achetés comme une marchandise, le seul Real de Madrid a jeté par la fenêtre en quelques années la somme de 341 millions d'euros. Tout cela pour la gloire d'un président mégalomane. Tout cela pour le plaisir d'entendre des "supporters" excités et avinés gueuler, dans et hors des stades mais aussi devant leur télévision: "on a gagné". Encore que pour gagner, il faut mettre le ballon au fond des filets.

Il n'y a plus d'étique, plus de morale, plus de honte, plus de justice. Les dés sont pipés et la compétition est manipulée. Les riches gagnent et plastronnent. Les pauvres perdent , sortent du stade penauds et sont relégués en division inférieure.

Les organes dirigeants du foot sont les grands responsables de cette dérive, mais ils sont dépravés. La FIFA, l'UEFA sont aussi pourris par le fric. Ces organismes pleins aux as ne paient pas d'impôts. Ils ne paient pas la réparation des dégâts et déprédations causées par des "supporters" mécontents. Après l'Eurofoot de 2008 en Suisse, il y a eu une polémique pour le paiement des heures supplémentaires des policiers du Canton de Vaud pendant cette manifestation. Une facture super salée. J'ai écrit au Chef du gouvernement vaudois, M. P. Broulis en lui proposant d'envoyer la facture à ces deux organisations. Il m'a répondu aimablement que cela n'était pas possible. Alors au final, ce sont les contribuables qui ont passé à la casserole, même ceux qui ne mettent jamais les pieds dans un stade de foot et zappent leur télé pour ne pas entendre les propos de commentateurs ultra chauvins.

Grâce à la télévision, le foot est devenu un phénomène planétaire. C'est le nouvel opium du peuple. Le foot a ressuscité les jeux du cirque romain. Les joueurs sont les nouveaux gladiateurs mercenaires. De nombreuses chaînes de télévision dans le monde ont pour seul programme du foot 24 heures sur 24. En Afrique, des millions d'africains connaissent parfaitement tous les joueurs des grands clubs et ils sont réellement "malheureux" lorsque leur équipe favorite perd le match.

Franchement, il faut souhaiter que la crise frappe aussi le football afin de nettoyer ce bazar et de pouvoir repartir sur des bases qui respectent l'esprit sportif. Espérons car l'espoir fait vivre !!!

lundi 8 juin 2009

Population mondiale


Le graphique ci-joint, établi sur la base de données publiées par l'encyclopédie Wikipédia, montre l'évolution de la population mondiale depuis l'année 1800. Avant, on ne savait pas. Cependant la science actuelle situe l'apparition des premiers hominidés il y a environ 2.5 millions d'années. L'évolution a donc mis 2.5 millions d'années pour arriver à une population humaine d'1 milliard d'individus. Vers l'an 2050, la population mondiale atteindra 9 milliards d'humains. Donc en 250 ans, la race humaine s'est multipliée par 9.
Quelle sera la situation dans 1, 10 , 100 siècles, dans 1 millions d'années ? N'est-il pas grand temps de tirer la sonnette d'alarme, de dire que nous allons dans le mur et d'en tirer les conclusions qui s'imposent ?

La Crise

La crise financière mondiale qui a touché de plein fouet la bourse, ce casino mondial où les dés sont pipés, n'est pas terminée. Il faut s'attendre à de nouvelles surprises. Je vous invite à visiter le blog de l'économiste Paul Jorion sur le site: http://www.pauljorion.com/blog/
Allez écouter l'enregistrement de l'entretien de l'émission Parlons-Net le 5.6.2009. Il répond aux questions de quatre journalistes. Il est toujours très instructif d'écouter des gens compétents qui ne pratiquent pas la langue de bois ou le discours de la propagande officielle.

dimanche 7 juin 2009

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7 juin 2009
HOME le film magnifique de Yan Arthus-Bertrand est un constat lucide et sans appel de l'action néfaste de l'activité humaine sur notre pauvre planète Terre. A partir de maintenant des millions de gens ne pourront plus dire: "Je ne savais pas". YAB démontre clairement que l'on va dans le mur, que l'on ne pourra pas continuer longtemps comme cela. Pour ma part, je suis depuis longtemps convaincu que la surpopulation humaine et la croissance démographique sont les causes principales de la catastrophe. Il n'y aura qu'un seul remède possible: Diviser par cinq ou dix la population humaine sur cette terre. Actuellement les 3/4 de la population mondiale vit dans la misère et le dénuement. Si l'on réduit la population mondiale à environ un milliard d'individus, on pourra avoir des générations futures apaisées, sans guerre, avec un niveau de vie satisfaisant. Donc une seule solution: Le contrôle des naissances.